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Trouble de l’apprentissage : la vue en cause ?

Les problèmes de vue peuvent affecter les apprentissages. Des chercheurs viennent de démontrer que la dyslexie pourrait d’ailleurs être due à un problème de vue. Dépister ces troubles rapidement facilite leur prise en charge.

Une mauvaise vue peut impacter la lecture

L’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) explique sur son site que « 80% de l’évolution du système visuel conditionne le développement global de l’enfant ». Dans une étude qu’elle a menée à Beauvais auprès de 650 enfants, il est apparu que les mauvais lecteurs étaient beaucoup plus nombreux chez les enfants présentant un ou plusieurs troubles visuels. Les troubles de l’oculomotricité sont les plus handicapants pour l’apprentissage de la lecture, suivis de la myopie et de l’hypermétropie. Les enfants porteurs d’une correction optique et bien suivis ont eu des résultats aux tests de lecture comparables à ceux sans trouble visuel.

Une étude publiée dans l’International Journal of Educational Research a mis en évidence que les enfants de CE2 qui présentaient une vision limitante ou non satisfaisante lors de l’examen de la vue avaient des résultats beaucoup plus faibles en lecture, grammaire, orthographe et calcul que leurs camarades sans déficit visuel. Même constat dans une étude de l’American Academy Ophtalmology chez des enfants de 4-5 ans dont l’hypermétropie n’était pas corrigée.

Les troubles de la vue peuvent facilement passer inaperçus. Mais si votre enfant fronce les sourcils, semble distrait, fait des fautes en recopiant, n’écrit pas sur les lignes, ou souffre de maux de tête en fin de journée, cela peut être le signe d’un trouble de la vue.

Un nouveau regard sur les « dys »

Dyslexie, dyspraxie… Les troubles dits « dys » sont des troubles cognitifs spécifiques qui engendrent des difficultés d’apprentissage. La vue peut être impliquée dans ces troubles. Ainsi, l’enfant souffrant de dyspraxie visuo-spatiale éprouve des difficultés motrices, notamment pour organiser ses gestes, les coordonner et se repérer dans l’espace. Son apprentissage de la lecture peut ainsi être entravé par une mauvaise stratégie de son regard. Celui-ci ne se pose pas au bon endroit : il se perd dans le texte, saute des lignes…

La dyslexie, elle, touche 5 à 10% des enfants d’âge scolaire et se caractérise par « une altération spécifique et significative de la lecture », selon la Fédération Française des Dys. Ses causes restent encore un sujet important de recherche. Une récente étude, menée par deux physiciens de l’université de Rennes 1, et publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society, révèle qu’elle pourrait être due à une anomalie au niveau des yeux. Chez les non dyslexiques, les « centroïdes de la tâche de Maxwell », un type de récepteur de lumière, ont des formes différentes d’un œil à l’autre. Cette asymétrie permet au cerveau d’éliminer les images produites en effet miroir et de lire normalement. Or, chez les dyslexiques, les chercheurs ont observé que ces tâches étaient symétriques. Le cerveau, confus, ne saurait alors quelle image choisir et la lecture en serait affectée. Les physiciens bretons ont également mis au point un système de lampe de lecture pour tenter de corriger cette anomalie.

Dès qu’un problème survient dans ces apprentissages, il importe d’y être attentif et de consulter un orthophoniste pour diagnostiquer un éventuel trouble « dys » ou un ophtalmologue pour détecter un trouble de la vue. Une prise en charge précoce aidera l’enfant à surmonter ses difficultés.

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